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Littéro-Numérique nombres premiers


Consigne : Écrire un texte composé de phrases dont la somme de mots correspond à un nombre premier (2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19).

Contrainte 1 : Utiliser chacun de ces nombres premiers dans un dialogue théâtral.
  
- Ah bon ? Tu crois que je ne suis pas capable de passer cet examen blanc ?
- Mais non ! Ce n'est pas ce que j'ai dit ! Tu ne sais pas écouter ! J'ai simplement dit...
- Tu fais chier ! Avec tes conseils à la super con ! Je ne suis plus un gamin à qui on peut donner des ordres ! J'ai cinquante ans ! Tu ne t'en souviens pas ?
- Oh que si que je m'en souviens ! ça fait trop longtemps que tu ne m'écoutes pas du tout ! ça fait trop longtemps que tu es incapable de comprendre quoi que ce soit à n'importe quoi ! Et c'est justement pour ça, uniquement pour ça que je te recommande très fortement de préparer cet examen blanc !

- Tiens, une surprise !
- Merci, c'est quoi ce paquet ?
- Trois fois rien, une bricole pour toi.
- Quel amour ! Va me chercher la paire de ciseaux.
- Tiens, la voilà.
- Qu'as-tu encore été dégoter, cette fois-ci, mon amour adoré ?
- Une petite chose que tu vas beaucoup apprécier, je pense, et moi aussi.
- Ah, je vois, gros coquin !
- Mais, ouvre donc et tu verras bien ! Et si cela ne te convient pas, je pourrai toujours aller le changer au magasin du coin.
- Eh, patience ! Tu vois bien que l'emballage est hyper ficelé ; celui qui a fait le paquet est un nase de nase.
- Un petit coup de main ?
- Avec grand plaisir ! Tu vois, il y a une tonne de papier autour de ce petit paquet et cela commence à m'énerver.
- Cool, mon amour, nous avons toute la soirée et toute la nuit aussi.
- Et, merde ! Je viens de me couper un doigt de la main gauche...

Contrainte 2 : Utiliser, une seule fois, chacun de ces nombres premiers, dans l'ordre croissant. 

Six heures ! Le réveil sonne. Je tarde à me lever. Je suis trop bien sous la couette. L'envie de paresser me prend par surprise, ce matin. Sortir dans le froid du petit jour gris me rebute tant ! Et pourtant, il faut bien, vaille que vaille, assumer sa tâche, même déplaisante ! Mais, bosser avec tous ces connards qui se prennent pour Dieu et n'en font qu'à leur tête ! Je ressens soudainement une telle envie de dégueuler que je me lève d'un bond pour me vider les tripes... 

Il pleut. Elle regarde dehors. Elle ne voit pas clair. Sont-ce les vitres qui sont sales ? ou bien la pluie qui tombe sur les carreaux ? Sa vue se brouille comme si ses yeux s'emplissaient de pluie. Elle sent, sur sa joue droite, comme une larme glisser jusqu'à son menton. Serait-elle devenue sensible à la tragique couleur du ciel au point de pleurer comme la pluie ? Il est vrai que, dehors les nuages se bousculent, alors que les passants disparaissent sous une multitude de parapluies.

Littéro-Numérique pair


Consigne : Écrire un texte uniquement avec des mots composés d'un nombre pair de lettres.

1- Textes composés individuellement, sans contrainte autre que le nombre pair de lettres :

Je marche ponctuellement deux heures sans m'arrêter ; je fais cela le jour et pareillement le soir. Je suis plutôt contente de ma ténacité ; de plus, c'est agréable pour le pied et tout autant pour la cervelle : je muscle ma cheville droite et ma cheville gauche et je vois tant de belles choses le long de la rive du fleuve !

Sa manche décousue pendouillait le long de sa légère silhouette. Elle avançait, rapidement, sans savoir dans quelle avenue s'aventurer, un pied devant l'autre, alerte et loin de tous soucis, un tantinet tête en l'air. Le soir proche la surprenait en pleine illusion, tignasse au vent sous le soleil couchant.

2 - Texte composé en commun, avec contrainte d'emploi des trois chiffres 2, 4 et 8 :

Le jour pâle sort du ciel rose sans ride ni déraison dans un rond grignoté de bleu.
Le tour de poitrine de la star juvénile, Coraline, n'est ni démesuré ni ratatiné ; Lulu, la mère, apprécie le beau sein de sa fillette si renommée même si cela la gêne fort de le voir très haut installé sous sa fine mâchoire d'ado.
De même, John, le comédien ivoirien, tète, avec joie, ce joli sein si doux dans le huitième acte de la tragédie : "Faut-il liquider le sein ?"

Littéro-Numérique impair


Consigne : Écrire un texte uniquement avec des mots composés d'un nombre impair de lettres.

1- Textes composés individuellement, sans contrainte autre que le nombre impair de lettres :

Les pâles flocons tombent mollement sur les pavés glissants ; les marmots, eux, s'émerveillent alors que leurs parents tâtonnent silencieusement, mâchoires serrées, front revêche, nez coulant à grosses gouttes.

Alors que les jours rallongeaient, des passantes rencontrèrent des étrangers venus des régions rigoureuses. Ils étaient longs, leurs regards lançaient des éclairs rouge-mauve. Leurs mains grise-verte agrippaient des tenailles fines, lorsque, soudain, une fusée amerrit sur les pavés.

2 - Texte composé en commun, avec contrainte d'emploi des deux chiffres 3 et 5 :

Sur des bancs blanc-beige, les anges tuent leur ennui.
Sur des nuées jaune-rouge, les dieux suent des mains, les dieux puent des pieds. Pas drôle !
Alors que les vieux jours ruent tels des beaux chats, sur les pages, Jésus trace des trucs ronds, par force, car ses mains muant, pas moyen poser des croix, des clous : aucun choix !

Rituel


Consigne : Compte-rendu du déroulement habituel de la mise en branle des mots.

Contrainte : N'utiliser que des phrases simples, c'est-à-dire ne contenant qu'un seul verbe conjugué.

La sonnerie retentit. J'ouvre la porte de l'appartement. Paoula apparaît sur le seuil, radieuse, une bonne bouteille dans une main, une boîte de gâteaux dans l'autre.
Après quelques échanges cordiaux, nous nous installons à la table du salon avec des feuilles vierges, d'un seul côté, et des stylos à pointe fine. Nous envisageons plusieurs exercices d'écriture. Paoula se prend plusieurs fois la tête entre les mains. J'ai tracé certains schémas sur le blanc d'une feuille. Nous discutons dubitativement de l'intérêt des uns et des autres avant de faire le choix du jeu du jour. Le plus difficile est de formuler clairement les consignes d'écriture.
Je regarde ma montre fébrilement. Mon estomac commence à gargouiller. Il est temps de passer à l'acte. Nous avons assez parlé. A présent, il faut écrire.C'est décidé. Nous avons fixé le timing : un quart d'heure, pas plus !
Je fais chauffer de l'eau dans la bouilloire électrique. Je la verse dans la théière. Je dispose des tasses sur la table du salon. J'enfourne "Musique Romantique" dans le lecteur de CD. J'appuie sur la touche "Play". Je me rassois sur la chaise de bois clair.
Nous commençons ensemble à écrire. Je rature beaucoup. Des fois, je rature tout. Je recommence.
Je me sens souvent soeur de Pénélope.

J'appelle Daniela pour une dînette écriture. Écrire avec elle me manque. Parfois, elle m'assomme de règles grammaticales. Mais pour la mise en route, c'est primordial. Le jeu d'écriture doit être bien défini dès le départ. Une tisane à la pomme, bien chaude, va de soi. Et puis, je ferme les yeux. De la musique classique envahit la pièce.
Les mots tardent à venir. J'efface les règles de ma mémoire. Les phrases s'écoulent de mon regard. Peu à peu, elles se dessinent sur la page de brouillon. Face à face, autour d'une table ronde, nous écrivons. Plus rien n'existe alentour. Le stylo cahote parfois sur la page. Le mot juste s'égare. Le terme exact se retrouve.
C'est flippant et agréable à la fois. J'aime me perdre dans les phrases...

Triplé lipo (sans t)


Sa bouche rouge, dans son visage blême, bouge comme une limace sur une plage de sable blanc quand elle grimace à l'annonce de la messe du Nouvel An où sera annoncée, par le curé de la paroisse, la formule honnie qu'elle refuse de prononcer : 
"Bonne année, mes chers frères, mes chères soeurs, soyez heureux, heureuses ensemble ! Que ce nouvel an vous mène de surprises en surprises, de voyages dispendieux en voyages fabuleux, de désirs impies en désirs pieux, d'amour vénal en Amour de Dieu !"
AMEN

 

Monosyllabique du jour 1


Premier triplé au coin du feu

Râ, le chat huant blanc crie du haut du banc gris. Il crie car il a peur du noir. Il sent que le soir est gris. Il craint la nuit. Il veut voir son seau plein de lait blanc. Il a soif sur son banc, il crie, le soir, le chat huant gris sur son banc blanc.
Il se rue sur le car lent et part avec lui car son gros cou sent le lard et le gras. Mais il est fier de lui, de ses doux pas bien à plat sur le sol mou du bus laid mais sans poils ni blancs, ni noirs, ni gris.
- Tu bois du thé quand tu broies du noir mais si tu as soif, tu prends de l'eau, lui a dit Bob dans le car, il y a trois jours.
- Mais non ! lui a hué très fort le chat blanc-gris, tu le sais bien ; je ne bois que du lait blanc sur un banc gris, le soir, tard, dans le car, près de toi, Bob !!!
- Râ, si tu cries, si tôt, dans le car, lent, ça ne va pas du tout et donc, pas de gros rats gras pleins de lard, ce soir pour toi !
- Bob, tu ne sais pas ce qui est le mieux : du lait ou du rat, du gras ou du lard, du blanc ou du noir, du thé ou de l'eau, tant pis pour toi !
- Tais-toi, Râ, a dit Bob ce soir là au chat-huant.
Dès lors, il n'y eut plus, dans le bus très lent, un seul soir sans cris de Râ.
Mais, ce jour, le 5 du mois de mars de l'an 10, Bob, tout fou, fait "stop", d'un ton sourd, au chat Râ huant et le bus, sans freins, part tout droit dans le mur vert de gris ; Bob, bleu de peur, sort du car mort, le chat blanc muet sur son bon gros dos rond roux de chien.

 

Percutage d'accumulations


Consigne : Il s'agit de faire se rencontrer deux listes de mots appartenant à deux catégories grammaticales différentes, en l'occurrence : une liste de verbes * (transitifs directs) et une liste de groupes nominaux * (COD / Complément d'Objet Direct).

* Contraintes :
  • Verbes présentés dans l'ordre alphabétique
  • Tautogrammes de GN (Groupes Nominaux)
Ces deux listes ont été dressées, tour à tour, par l'une et l'autre, à la façon d'un cadavre exquis. (Existe aussi entre film et musique)
Accepter un embonpoint étonnant
Boire les rafraichissements rares
Conserver une intolérance inadmissible
Décevoir un caniche crâneur
Étreindre son soulier souillé
Falsifier un avatar avachi
Garder sa plume perfide
Haïr certaines garces gracieuses
Intoxiquer deux dromadaires dociles
Jalouser plusieurs bédouins bredouilles
Kidnapper quelques vaches violentes
Lancer trois tortues tristes
Mimer la misérable maraudeuse
Noyer ses bottines bleues
Opérer son rigolo rictus
Pondre un soudain soulagement
Quérir une direction différente
Rouler sa bonne bouille
Suivre d'innombrables ivresses
Tordre l'amour agenouillé
Unifier treize terribles tarentules
Virer les courants circulaires
Warranter un verre de vin violet
Zyeuter la large lagune 

Percutage de couleurs !
 

L'Abécédaire


Consigne : Écrire un texte dans lequel les mots se suivent dans l'ordre alphabétique.

 A Brest, Carole doit éviter fort gracieusement Hector, Ignace, Jeannot, Karl, lourds malotrus nubiles obsédés. Pas question rester solitaire tout un vertigineux week-end ! Xérès ? Yoga ? Zut !

Avec bonheur, ces désastres étaient falsifiés. Gérard haleta intentionnellement jusqu'au kilomètre libérateur. Modestement, Norbert ouvrit pour quitter rapidement ses toilettes uniformément ventilées, Walter, Xavier y zigzaguant...

Monovocalisme/lettre imposée



Consigne : Il s'agit d'écrire un texte en n'utilisant qu'une seule voyelle.


Les membres sélects de Genève

 Les lèvres ternes de cette svelte et frêle Hélène déversent lentement des mets grêles vers les cendres éphémères ; Ernest, sevré de sel, lèche sept mètres de fèves ; tête renversée, Estelle tresse ses mèches de merde ; Jeff gêne les fenêtres éternellement vertes ; Gégène, énervé, pète bêtement ; Esther descend ses fesses gelées vers les lettres en terre crème et Mère et Père pensent très sèchement : " Espèce de métèqes* ! C'est fête ! Bref ! Trêve de sexe ! "

* Comme vous pouvez le constater, c'est l'unique licence que nous nous sommes permise contrairement à Georges Perec... (Voir : Les Revenentes)

L'expansion ou les mots ajoutés


Consigne : Il s'agit d'étoffer un texte très bref, réduit à ses éléments essentiels, avec des mots de différentes catégories grammaticales.

  • La fille prend son sac.

  • La GROSSE fille prend RAPIDEMENT son sac.

  • La grosse fille ROUSSE prend, rapidement, AVEC AGILITÉ, son PETIT sac DE TOILE verte.

  • AVANT DE SORTIR DE SON APPARTEMENT, la grosse fille rousse, AUX CHEVEUX FRISÉS, prend, rapidement, avec agilité, son petit sac de toile verte. 

  • Avant de sortir, DISCRÈTEMENT, de son appartement, SITUÉ SOUS LES COMBLES, la grosse fille rousse, aux cheveux LÉGÈREMENT frisés, prend, rapidement, avec agilité, ENTRE SES DOIGTS GANTÉS, son petit sac de toile verte.

  • Avant de sortir, discrètement, DÈS LA PREMIÈRE LUEUR DU JOUR, de son ÉTRANGE appartement, situé sous les combles, D'UN IMMEUBLE DU 18ème ARRONDISSEMENT, la grosse fille rousse, aux cheveux légèrement frisés, prend, rapidement, avec agilité, entre ses doigts gantés DE CUIR MAROCAIN, son petit sac de toile verte SUR LA COMMODE EN BOIS DE SON SALON AUX MURS TAPISSÉS DE PAPIER COULEUR SAFRAN.

  • Avant de sortir, discrètement, dès la première lueur du jour, de son étrange appartement, situé sous les combles, d'un immeuble COSSU du 18ème arrondissement DE PARIS, la grosse fille rousse, aux cheveux légèrement frisés, prend, rapidement, avec agilité, entre ses doigts gantés de cuir marocain, son petit sac de toile verte sur la commode en bois LAQUÉ de son MICROSCOPIQUE salon aux murs tapissés de papier couleur safran.

  • Avant de sortir, discrètement, dès la première lueur du jour, de son étrange appartement, situé sous les combles, d'un immeuble COSSU du 18ème arrondissement de Paris, la grosse fille rousse, aux cheveux légèrement frisés, prend, rapidement, avec agilité, entre ses doigts gantés de cuir marocain, son petit sac de toile verte sur la commode en bois laqué de son microscopique salon HEPTAGONAL aux murs tapissés de papier PARCHEMINÉ couleur safran.